Claire Bergerault

| Jean-Sébastien Mariage - Claire Bergerault |
Jean-Sébastien Mariage : guitare
Claire Bergerault : voix, accordéon

Le Lobe

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Extrême lenteur.
C’est la seule consigne que Claire et Jean-Sébastien se sont non pas imposés, mais qui s’est présentée comme une évidence.
La crainte que rien ne vienne créer la tension sera justement le terreau des évènements.
C’est alors qu’un détail, infime, surgit, comme par un accident sur un parcours pourtant rectiligne mais tendu. Il sera le déclenchement d’une chute, d’un vertige, dans lequel on n’aura d’autre choix que de s’immerger. Cette poussière de variation deviendra alors immense, et constituera le propos du son.
Cet étirement radical, plutôt que de disperser les éléments constitutifs du son, en met en valeur d’autres, cachés à priori, finalement nombreux, qui se révèleront comme autant de surprises que les deux musiciens saisiront comme une chance.


JEAN-SEBASTIEN MARIAGE :
Né à Paris en 1973 et grandi en banlieue middle class, c’est sur les cordes à linge au fond du jardin que Jean-Sébastien Mariage s’initie à la guitare, bien avant la transmutation de son BEPC en Stratocaster noire, changée bien vite pour la Gibson Les Paul qu’il n’a plus lâchée depuis. A 17 ans et jusqu’à ses 23, il suit les ateliers d’improvisation de celui qu’il considère encore aujourd’hui comme son maître de musique, Patricio Villarroel. De son bref passage à la Sorbonne, cursus musicologie, il ne retiendra guère que d’avoir entendu, pendant les cours d’acoustique, des enregistrements de chants d’Indiens d’Amazonie ou de cloches vaticanes : c’est que parallèlement, l’aventure musicale vraie a commencé – première expérience professionnelle à 19 ans avec une compagnie de danse, puis rencontre à 20 de Frederick Galiay, bassiste avec lequel il fonde Chamæleo Vulgaris, et premiers concerts sous l’égide des Instants Chavirés. Il enchaîne les scènes, puis se dit que tout de même, il serait bon qu’il fasse le Concervatoire (sic), puisque c’est là que l’on apprend à faire des concerts : il y étudie la guitare classique durant six ans, jusqu’au concours national en 2000. S’ensuivent une bonne vingtaine d’enregistrements et des centaines de concerts, solo ou au sein de diverses formations, estampillées d’improvisation libre, free rock, voire free jazz ou noise, dont les toujours en activité Hubbub (depuis 1999, quintet avec F. Blondy au piano, E. Perraud à la batterie, B. Denzler et J.L. Guionnet aux saxophones), Baise en Ville (depuis 2002, avec la chanteuse N. Muslera), Wiwili (depuis 2003, avec X. Charles aux surfaces vibrantes, H. Gudin à la guitare et M. Deltruc à la batterie), X_Brane (depuis 2004, avec B. Gauguet aux saxophones et M. Pontevia à la batterie horizontale), Suce pas ton pouce, j’ai mieux (depuis 2006, avec D. Chiesa à la basse et Mickaël Radke à la batterie), et Oort (depuis 2008, à la guitare acoustique, avec D. Chiesa à la contrebasse) – sans oublier les collaborations avec la danse (Karol Armitage ou Yukiko Nakamura), le théâtre, la poésie et les arts plastiques. En bref, un parcours, c’est selon, de puriste ou de monomaniaque : il n’y a jamais eu, il n’y a, et il n’y aura jamais, sans doute, que la guitare, il ne sait faire que ça, mais sait tout en faire – surtout ce que lui seul en fait, bien entendu. A savoir : posément, avec autorité, faire émerger du chaos une matière, quelle qu’elle soit l’accepter, l’accueillir même, puis consciencieusement la travailler, la polir ou l’éfaufiler peu importe mais toujours au maximum, et puis d’un coup d’un seul lui faire rendre gorge. Quitter la terre. Déchirer le temps.