Claire Bergerault

| Emmanuel Adely - Claire Bergerault |
La très bouleversante confession
de l’homme qui a abattu le plus grand
fils de pute que la terre ait porté

Texte et musique


« putain une nana qui dort avec une ceinture d’explosifs verts
ça veut dire que c’est pas une maison normale
avec la ménagère normale qui fait la vaisselle et torche les gamins
C’est super bon signe »





Le roman « La Très Bouleversante Confession de l’Homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté » s’est voulu, dès son origine et son écriture, une épopée c’est-à-dire un chant. Un chant à lire et à entendre. Un texte à mettre en voix.
Depuis sa publication en 2014, il est ainsi régulièrement mis en scène et performé, que ce soit en lecture seule ou accompagnée par des musiciens, par des troupes indépendantes ou par son auteur.

La création d’Emmanuel Adely et de Claire Bergerault se présente comme une forme encore plus ouverte qui traverse les répertoires, commence en lecture d’apparence simple, sobre, puis vrille : le son s’immisce, la voix surgit, la musique s’installe.
Deux personnages sur scène, journalistes ou hérauts ou chœur antique, fragmentent et explorent tour à tour le texte, conversent, s’éloignent, se rejoignent. Fable musicale qui démonte l’objet-livre et visite son intrigue, cette création sensible fait continûment passer d’un registre à l’autre, du comique au tragique, de l’émotion à la réflexion, pour laisser le spectateur choisir sa propre lecture de l’événement.

Le résultat en est un opéra singulièrement troublant.


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à partir d’un roman

« La Très Bouleversante Confession de l’Homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté » raconte à la fois la traque de Ben Laden par une escouade des forces spéciales américaines en mai 2011, et à la fois parle de tout autre chose : des jeux vidéo, de l’Amérique fantasmée et surpuissante, du soft power, de la déliquescence du couple, de la mondialisation, etc.

« La Très Bouleversante Confession de l’Homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté » est ainsi le récit d’une traque mais pas seulement ; c’est aussi le récit de sa conclusion, le discours d’un héros, la légende de ses guerriers, la geste d’une épopée, et le quotidien banal. C’est un chant. C’est une ballade. C’est épique. C’est factuel. C’est une Iliade dont les dieux seraient la pizza et des hélicoptères.

« La Très Bouleversante Confession de l’Homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté » éditions Inculte, 2014
Poche-Babel, 2016



©Jef Rabillon


Emmanuel Adely :
http://emmanueladely.free.fr

L’œuvre d’Emmanuel Adely s’ancre dans le catalogue romanesque de plusieurs éditeurs (Minuit pour Les Cintres, Stock pour Fanfare, Gallimard pour Mon Amour, le Seuil pour Genèse ou Argol pour Sommes), s’inscrit dans des revues (Inculte, Décapages, Véhicule) surgit dans les performances et mute. Elle est plastique, politique, sonore. Elle abandonne la « langue des livres » comme une peau morte pour grandir à côté du champ littéraire et de ses acteurs médiatiques. Toute parole est matière à création (discours, article, récit d’enquête..) dès lors que les faits, les dates, les heures échappent à la dépêche clinique, se précipitent (vitesse et chimie) et éclatent en fragments solides, en alliages nouveaux, en un langage (flux, rythme et sens) inédit (Je paie - Inculte 2016). Ses textes explorent la dimension essentiellement fictionnelle du réel (La Très Bouleversante Confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté - Babel) et s’illustrent dans une écriture flux, souvent libérée d’une seule traite, balayant parfois jusqu’à l’ultime ponctuation.